Foire aux questions

Foire Aux Questions pour les adultes dans les projets de médiation scolaire par les pairs

La médiation scolaire par les pairs est différente des messages clairs, mais peut être complémentaire car les deux procédés visent à rétablir un dialogue apaisé entre deux élèves en conflit. 

Le message clair est une modalité de prévention, une manière de communiquer ses ressentis et ses besoins en s’assurant que l’autre les écoute. Ex de message clair : “Quand tout à l’heure tu as rigolé parce que je m’étais trompé, ça m’a fait honte devant toute la classe. Est-ce que tu m’as compris ?” L’élève peut comprendre ou non, et le conflit se résoudre ou non. 

Le message clair peut avoir lieu avant une médiation, ou peut se faire devant les médiateurs (certains élèves sont plus en confiance pour exprimer leurs ressentis en présence d’élèves tiers et neutres). La médiation peut intervenir après un message clair qui n’a pas fonctionné : elle permet à chaque élève d’exprimer individuellement son point de vue sur le conflit, puis propose de les réunir afin qu’ils cherchent ensemble une solution qui leur convienne à tous les deux. 

Avoir recours à la médiation est un moyen indirect pour apprendre à mieux gérer ses conflits soi-même par la suite. Si de plus en plus d’élèves sont capables ensuite de discuter de manière apaisée sans la présence des médiateurs, cela se ressentira sur le climat scolaire, et de moins en moins de médiations seront demandées. 

Médiation et punition coexistent au sein de l’établissement mais n’ont pas le même objectif. 

La médiation scolaire par les pairs est un mode de règlement des conflits alternatif à ce qui est habituellement proposé. Si deux élèves en conflit règlent les choses entre eux, en discutant avec l’aide des médiateurs, on peut imaginer qu’il n’y aura peut-être plus besoin de sanction.

Pour autant, la médiation scolaire n’a pas vocation à remplacer la punition ou la sanction pour des comportements qui le nécessitent. La présence de l’autorité et d’un cadre contenant est primordiale pour que le projet de médiation scolaire par les pairs puisse s’établir correctement dans l’établissement. Quand un comportement est trop grave, la sanction est nécessaire.

En revanche, la présence d’une sanction ne garantit pas que le problème est réglé. Le comportement de l’élève est sanctionné, mais il peut être nécessaire qu’une médiation soit proposée par la suite car le ressentiment et les causes du conflit sont toujours là. La médiation aura un rôle réparateur pour l’affect que la sanction n’aura pas. Cela permet de communiquer sur le ressenti de chacun et sur ce qui n’est pas réglé. 

On peut envisager la médiation scolaire comme une sorte de “sursis” à la sanction ou à la décision de l’adulte. Si les élèves ne réfléchissent pas, ne travaillent pas ensemble pour trouver une solution entre eux, alors l’adulte tranchera. Leur proposer de tenter la médiation (sans obligation de résultats) montre qu’on leur fait confiance et offre une possibilité de les responsabiliser vis-à-vis de leurs conflits. 

Non, tout comme la médiation n’est pas une baguette magique et ne fera pas qu’il n’y aura plus de conflits dans l’établissement.

La médiation scolaire par les pairs a vocation à régler les “petits” conflits entre élèves qui ont débuté dans l’établissement ou à l’extérieur et qui ont un impact sur les relations entre les élèves : rumeurs, moqueries, manque de respect, insultes… 

Voici un tableau récapitulatif : (lien vers tableau)

Bien sûr, il est essentiel, surtout quand un projet démarre, que les adultes aient un rôle actif et orientent les élèves en médiation lorsqu’ils ont un conflit qui peut être réglé entre pairs.

Il est possible de les inciter de manière directe ou indirecte. 

Incitation directe : individuellement, si on a connaissance d’une situation de conflit entre des élèves, leur dire qu’il serait bien qu’ils aillent en discuter en médiation ; collectivement, par exemple si les relations dans une classe ont tendance à être conflictuelles, faire des rappels réguliers (tous les lundis, à chaque heure de vie de classe…) sur l’existence de la médiation.

Incitation indirecte : par la communication (parler positivement de la médiation, utilisation de l’affiche, passage des élèves dans les classes, messages à destination des élèves, professeurs et/ou parents d’élèves sur l’ENT ou via un autre média comme les panneaux lumineux, les messages audio, le journal de l’établissement…) ; présence de billets de demande de médiation dans toutes les classes. 

De manière générale, montrer qu’on croit au projet et valoriser l’action de médiation.

  • Élèves médiateurs
  • Autres élèves
  • Adultes référents
  • Autres adultes 

=> A faire sous forme de tableau avec les différentes tâches/personne. Prévoir la possibilité qu’une tâche soit répartie entre plusieurs personnes (dans ce cas : qui peut faire/qui peut supervise).

  • Avoir plusieurs adultes référents ; 
  • Que chacun puisse superviser un ou plusieurs binômes de médiateurs (prendre un temps avec eux plusieurs fois dans l’année pour faire le point) ;
  • Que chacun puisse suivre une séance de formation, et transmettre aux autres référents le contenu global de cette séance ;
  • Impliquer les élèves médiateurs dans la gestion du projet : prévoir qu’ils puissent relever la boîte de demande, prévenir les élèves en conflit de la date et l’heure de leur médiation, cocher leurs noms sur le planning pour signaler qu’ils ont fait leur médiation…

Liste de choses à faire : 

  • S’assurer que la salle de médiation est toujours disponible et équipée ;
  • Organiser une réunion avec les élèves médiateurs ; 
  • Vérifier que les binômes de médiateurs sont opérationnels, les modifier si besoin ; 
  • Remettre le matériel/les outils de la médiation à disposition : stylos, fiches d’entretien, classeur, billets de demande, boîte de demande… ;
  • Relever la boîte de demande pour voir si des billets de demande n’avaient pas été traités ; 
  • Prévoir (si rentrée de septembre) un passage des élèves médiateurs dans les classes, notamment chez les CP/6e qui n’ont pas bénéficié de l’information l’an dernier ; 
  • Relancer la communication sur la médiation en interne avec les adultes…

Nota Bene :

pour faire tout cela, il n’est pas nécessaire d’attendre que le formateur d’AMELY revienne dans l’établissement pour une réunion ou une séance de supervision des élèves.